17/04/2010 - La journée démarre à la "4 mariages et un enterrement". Une sonnerie de réveil qui ne remplit pas son office et des "Putain ! Putain ! Putain !.." frénétiques qui résonnent dans la voiture. Heureusement, une neige dure et une forme convenable me font vite rattrapper le temps perdu. Vers Azerin, je rejoins un skieur solitaire, seul être vivant rencontré de la journée. Pour autant, nous gardons sagement nos distances, qui augmenteront bientôt à la faveur d'un des petits "raccourcis" dont j'ai le secret, me valant à la fois une perte de temps et d'altitude. Il semblerait que j'ai enfin trouvé là un maître en matière d'asociabilité, puisque mon "compagnon", arrivé aux deux tiers du couloir SO, partira s'isoler à l'écart d'un rocher, le temps de me laisser prendre la tête pour finir en solitaire. L'hypothèse de quelque commission urgente n'étant pas à exclure non plus... Quoi qu'il en soit, je n'en espérais pas tant. Nous nous saluons à distance (on n'est pas des sauvages tout de même !) lorsqu'il réapparait pour entamer une descente frustrée dans une neige visiblement peu skiable. Au sommet du couloir, une somptueuse arête de neige immaculée (mon pêché mignon !) s'offre alors à moi. Elle mènera, plus facilement qu'il n'y paraissait au départ, à un sommet splendide et sauvage offrant un panorama 4 étoiles, avec en point d'orgue les deux géants du secteur que sont Vélan et Combin, mais aussi tout le versant helvète de la chaîne du Mont Blanc. En songeant à mon partenaire du jour, il m'est une nouvelle fois difficile d'imaginer que les seules contingences de qualité de neige ou de glisse aient pu justifier une retraite anticipée, à quelques pas seulement d'un final aussi privilégié. Commission, retraite, privilèges... des mots fâcheusement dans l'air du temps, tout comme théoriquement certaines cendres islandaises dont on n'apercevra pas la queue d'une microparticule.