07/08/2009 - Seules quelques traces de Deux-Doigts - sans doute des Longues-Cornes - et un peu d'Herbe-Qui-Rend-Fou parsèment ces pierriers inhospitaliers. Sous la grande citadelle de pierre, toujours aucune trace de Ceux-Qui-Marchent-Debout. Rahan se remémore sa dernière visite, il y a bien des lunes, et la peur qui l'avait saisi dans les gradins glissants, recouverts de Pluie-Blanche... Il cherche un autre chemin. En vain. De retour dans le grand couloir central, n'écoutant que son immense courage, il s'élève et atteint bientôt la petite dalle qui l'avait arrêté alors. Celle-ci franchie, le coeur de Rahan fait un bond. Là, sur un bloc, un bout de cordelette laissé par quelque indigène lui indique enfin qu'il est sur la bonne voie. Rahan exulte mais sa grande expérience lui dicte de maîtriser ses nerfs. Il remonte ensuite une cheminée plus sécurisante puis, par une vire très fine et exposée, débouche enfin près du sommet de la première pointe. Il y rejoint les éboulis croulants de la face NO, menant désormais sans risque jusqu'au sommet. Mais la joie de Rahan est de courte durée. La montagne s'élève encore, en une arête acérée comme les griffes du léopard des neiges. Il tente de s'approcher de son faîte, défendu par de profonds ravins et d'abruptes falaises. Convaincu que seul un Quatre-Mains pourrait le gravir, Rahan renonce. Après s'être repu de quelques victuailles, il se concentre sur une descente qui s'annonce périlleuse. Mais Rahan est confiant, bien qu'il n'ait pas emporté de liane. Pétri des enseignements de Crao le sage dont les paroles résonnent encore à ses oreilles ("Mieux vaut une descente inesthétique qu'une chute de puriste" ), il négocie quelques pas scabreux en adhérence sur le cul, au grand dam de son pagne de peau. De retour au bas des difficultés, le fils des âges farouches peut enfin laisser éclater son légendaire râle de victoire : RRRRRRRAAAAAAAAHHHAAAAAANN !!!!!!!!!, se répercutant sur les cimes alentour en prélude à l'orage qui s'annonce mais dont Rahan se rit bien désormais. On l'aura compris, un itinéraire sauvage et engagé, qui mériterait un peu plus que le F+ qui lui est attribué. Le sommet SO étant encore un ton au dessus. Bon rocher dans les difficultés (nécessitant quand même un petit "balayage"), pierriers croulants pour le reste. Belle vue panoramique. Bon allez, deux aspirines et au lit.