28/07/2009 - Après deux journées particulièrement usantes (la montée au bivouac lourdement chargés et la bavante de la veille), nous nous dirigeons vers la partie ouest, où nous attendent d'autres morceaux de choix comme la Becca di Gay, la Roccia Viva, la Testa di Money ou encore, plus au sud, les Becchi della Tribolazione, dont les silhouettes élancées volent la vedette à leurs nombreux voisins. Dégagés de leur habituelle gangue de nuages, le lac et les vallées alentour sont aujourd'hui bien visibles. Très atteints physiquement et moralement, nous visons l'objectif le plus modeste sur le papier : la Testa di Money. Mais à cette époque déjà tardive, notre "modeste" sommet saura bien vite nous rappeler notre condition de vermiceaux. Le recul glaciaire fait désormais apparaître une grande barre rocheuse surplombant le glacier, là où les dernières cartes et topos font encore état de pentes neigeuses jusqu'au sommet. Après une tentative dans les gradins de droite, je me rabats finalement sur un large détour à gauche, dans une neige béton, qui permet de prendre pied sur la grande vire d'éboulis dominant la barre en question. La nature foireuse de la traversée, les pentes de neige béton et exposée qui suivent et le ressaut sommital dont je ne vois rien, ajoutés aux ondes négatives envoyées par Thierry resté en bas et à la fatigue accumulée, auront raison de ma (trop) petite motivation. Nouvel abandon, sur un sommet qui semblait bien accessible cette fois. Il est tant de rentrer, on ne vaut plus une cacahuète... Non sans avoir jeté un coup d'oeil au couloir permettant d'accèder à la Becca di Gay, bien pourri également (mais qui doit être facile au printemps) ou à la Roccia Viva, au profil beaucoup plus ardu, nous rejoignons la Bocchetta di Monte Nero qui permet de plonger rapidement sur le bivouac, par un grand couloir neigeux. Le temps de refaire les gros sacs et nous empruntons cette fois la descente directe, le long du torrent, où une belle petite via ferrata videra agréablement nos dernières forces. C'est ensuite le long retour sur le refuge Pontese où nous retrouvons la civilisation et les premiers bipèdes rencontrés depuis 2 jours. Un retour s'impose dans le secteur, avec des ambitions plus modestes et ciblées, et un peu plus tôt en saison...