18/05/2007 - Parti pour une grande épopée italo-suisse, en dépit d'une météo apocalyptique. Le Chateau des Dames devrait ouvrir le bal en douceur. Arrivé au parking de Place Moulin, désert, sous la pluie et la neige blanchissant la route dès 1900m. Petite nuit dans la voiture, ballotté par la tempête de Lombarde qui finira par éloigner les nuages. Au matin, je glisse un nez timide à l'extérieur et me décide mollement à démarrer. A la neige lourde et humide succède une immonde croûtée, fruit de la pluie et du vent conjugués. Une poudreuse profonde prend le relai et finit de m'achever. Les derniers mètres alternent traîtreusement les portions croûtées, soufflées et cartonnées, qui, ajoutées au court mixte terminal, ravissent ce qui me reste de fierté. La petite cloche sommitale, résonnant vainement dans un massif vide de toute présence humaine, semble sonner le glas de mes ambitions. Fuyant ces sombres considérations, je jouis longuement d'un panorama splendide, parsemé de sommets et voies mythiques. Malgré l'horaire et mon état de délabrement, tous deux bien avancés, je m'autorise à traverser le Mont Blanc du Creton pour rendre visite au petit bivouac Florio où il doit faire bon se réveiller, le nez dans le Cervin. Une dernière galère dans la soupe permettra de rejoindre Prarayer, purgé de ses blancheurs matinales. Enfin, l'interminable retour sur Place Moulin tirera définitivement un trait sur un l'ambitieux programme de cette fin de semaine, qui ne fut qu'à peine ébauché.